Les facteurs prédisposants de survenue de la SEP

 

 

La ou les cause(s) de la SEP inconnue(s), mais plusieurs hypothèses avancées

APF Ecoute Infos interview le Dr Bruno Stankoff, neurologue à l’hôpital Tenon (Paris) sur la maladie, le diagnostic, les différentes formes, qui en est atteint, les traitements etc. Une série de modules consacrée à la SEP et sa prise en charge.


Que pensez-vous de ce genre de vidéos ?

 

Moi je trouve que c’est une excellente initiative de la part de l’APF

 

"Découverte" : la sclérose en plaques (SEP)

 

Emission de « Radio Canada »

Le Canada réalise souvent de très bons documents sur la SEP ! J’ai trouvé qu’il était intéressant de pouvoir vous en faire profiter !

Je vous propose une vidéo réalisée en 2011 par « radio canada ». Elle est présentée sur « Youtube » : « La sclérose en plaques : une maladie qui, malgré la recherche, demeure un mystère. L’hypothèse du Dr Zamboni et la controverse qui l’entoure. »

J’ai pensé que vous seriez intéressé par la transcription texte de cette émission.

 

Transcription texte de la vidéo sur la SEP

Ce texte n’est pas la retranscription parfaite de l’émission. Il contient l’essentiel du contenu de la vidéo.

J’espère que vous appréciez cette initiative de ma part. Si c’est le cas, merci de me le dire dans les commentaires ci-dessous. Je renouvellerais alors sûrement cette opération !

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 40 à 80 000 canadiens sont atteints de sclérose en plaques (SEP). Le Canada est l’un des pays où l’incidence de la maladie est la plus élevée. C’est aussi l’un des endroits où il se fait le plus de recherches sur cette maladie neurologique (*) qui s’attaque au cerveau et à la moelle épinière. Cette maladie demeurant mystérieuse, la découverte du Docteur Paolo ZAMBONI a représenté un grand espoir pour tous les malades.

Au moment de l’annonce de la découverte du Docteur ZAMBONI, celle-ci est apparue comme une sorte de remède !

Un grand nombre de personnes s’y est tout de suite intéressé.

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En novembre 2009, un reportage TV a présenté les travaux du Docteur ZAMBONI. La cause de la SEP serait la présence de veines bouchées.

Il proposait la cause de la SEP mais aussi la solution : la pose d’un cathéter contenant un ballonnet.

Des milliers de patients étaient alors prêts à se faire déboucher les veines !

A l’inverse, le monde scientifique était prudent : les scientifiques n’étaient pas d’accord pour accepter une telle découverte sans plus de preuve de sa validité.

La SEP est une maladie très étudiée par la recherche depuis plus de 100 ans ! La cause avancée par le Docteur ZAMBONI allant à l’encontre de la thèse d’une origine multifactorielle de la SEP ne pouvait pas être aussi facilement admise par la communauté scientifique et médicale.

Il s’agit d’une maladie sérieuse qui atteint majoritairement de jeunes adultes. Les symptômes peuvent être difficiles à supporter. Dans 85% des cas, on assiste à la survenue de poussées qui alternent avec des périodes de rémission.

Plusieurs formes de SEP est possible : fatigue, troubles visuels, engourdissements, paralysie.

Dans la forme cyclique, la période de rémission peut durer de quelques mois à plusieurs années.

La grande variabilité de cette maladie est un problème. Dans 15% des cas le handicap survient et s’aggrave, sans l’apparition de poussées et de périodes de rémission.

Dans le cerveau

La myéline, qui enveloppe et protège les axones, est attaquée par le système immunitaire. Le passage rapide du signal nerveux n’est alors plus possible. On assiste alors à l’apparition de plaques d’inflammation. Il s’agit de la perte du tissu cérébral.

Les globules blancs qui ont migré dans le cerveau détruisent la myéline. Dans le reportage TV, les globules blancs ou leucocytes sont appelés des « soldats du système immunitaire ».

Le système immunitaire agit comme un agresseur en pénétrant dans le cerveau et en attaquant la myéline. Il y a alors destruction des cellules nerveuses et perte d’une fonction permanente et irréversible.

Jusqu’en 1993, il n’existait pas de traitement contre la SEP. Les traitements de fond actuels ont une influence sur l’activité du système immunitaire.

Mais leur action n’est pas sans effets secondaires et leur efficacité n’est pas totale. Ils permettent la réduction du nombre de poussées et du handicap au long terme.

De nos jours, la détection précoce de la maladie, via l’IRM, est recherchée (puisque maintenant on dispose de traitements !). Auparavant, les médecins avaient tendance à retarder l’annonce du diagnostic (puisque rien ne pouvait être proposé au patient !).

L’objectif est de pouvoir traiter au plus tôt !

Les épidémiologistes recherchent le « coupable » de la maladie

–        Distribution géographique unique

Plus on s’éloigne vers le nord plus la maladie est présente (Canada, Norvège, Suède, Sud de l’Australie). Pourquoi ? le climat, l’ensoleillement, l’absence de vitamine D, les maladies infectieuses

–        Les infections virales

Durant l’enfance, il est important de s’être exposé suffisamment aux microbes. A défaut, une infection tardive à certains virus serait susceptible de provoquer la SEP.

Ainsi, on a incriminé le virus de la mononucléose comme cause possible de la survenue de la SEP. Si la personne a été infectée par ce virus durant l’adolescence, elle risquerait de développer à l’âge adulte une SEP.

–        2 à 3 fois plus de femmes que d’hommes souffrent de la maladie

Ainsi, les questions d’épidémiologie suscitent de nombreuses questions qui incitent à trouver une cause de la SEP.

On constate que la maladie est rare chez la population noire et les populations aborigènes. L’étude des jumeaux démontre que seul ¼ développe la SEP.

Conclusion

La cause, inconnue à ce jour, de la maladie devra répondre aux questions concernant :

  • La distribution géographique de la maladie
  • Les différences selon le sexe et selon la race
  • La susceptibilité génétique

Elle devra aussi expliquer pourquoi une réaction immunitaire s’installe dans le système nerveux et attaque la gaine de myéline, sans oublier la grande variabilité des symptômes et l’aspect cyclique de la maladie.

A la recherche de(s) la cause de la SEP

Des milliers de chercheurs à travers le monde rêvent de découvrir cette cause. Avec la découverte du Docteur ZAMBONI, la maladie – pourtant connue comme étant très complexe – devenait le résultat d’un simple défaut vasculaire. De plus, le remède était fourni avec.

« La SEP est une maladie imprévisible dont les symptômes et la progression varie beaucoup d’un individu à l’autre. » La qualité de vie des malades est souvent atteinte par cette maladie. Ce qui explique l’espoir engendré par la théorie du Docteur ZAMBONI. Mais quelle valeur accordée à cette théorie ?

En janvier 1988 : reportage TV d’une émission canadienne, présente une méthode révolutionnaire pour « guérir » la SEP. Une bactérie est identifiée et un antibiotique proposé.

Après un an, abandon de cette théorie.

En 2008, l’angioplastie, opération pour déboucher les veines, est proposée.

Exemple en Pologne : introduction d’un cathéter dans une veine au niveau de l’aine, afin d’atteindre la veine jugulaire. Un reflux sanguin est observé, vers le cœur au lieu du cerveau.

Un « stent », sorte de tuteur métallique, est posé. Il est censé permettre de repousser les parois de la veine et d’assurer le libre passage du sang.

Une telle opération est appelée la « thérapie de la libération ».

La patiente opérée déclare se sentir mieux aussitôt sortie de l’opération.

On a vus des centaines de personnes atteintes de la SEP se rendre dans différents pays proposant le traitement. La découverte du Docteur ZAMBONI a représenté un espoir immense, mais « rien ne prouve que cette théorie fonctionne ».

La prudence du corps médical par rapport à ce « traitement miracle » n’est pas compris des patients.

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La théorie du Docteur ZAMBONI : si des veines, qui drainent le cerveau et la moelle épinière, sont obstruées, il peut y avoir un reflux sanguin (le sang revient au cerveau). Les globules rouges traversent la paroi veineuse, elles meurent et laissent comme traces de petits dépôts de fer, qui sont attaqués par le système immunitaire.

L’IVCC (« Insuffisance veineuse céphalo-rachidienne chronique ») est une obstruction veineuse, qui serait la cause de la SEP.

Etude publiée en 2008 : dans cette étude, 100% des SEPiens présentait une IVCC.

Le Docteur ZAMBONI mène ensuite une 2ème expérience : sur 65 SEPiens, on a introduit un cathéter. Gonflement d’un ballonet et non un stent jugé trop dangereux pour les parois fragiles des veines.

On a pu constater une amélioration chez certains patients, mais pas de guérison.

Conclusion

La fréquence des poussées peut être réduite après 18 mois post opératoire.

Certains avance l’hypothèse de l’effet placebo.

Les études du Docteur ZAMBONI  n’ont pas pu prendre en compte l’effet placebo, ce qui explique la retenue du corps médical.

Etudes cliniques par échographie.

Examen de 65 SEPiens et 65 personnes.

Le problème de veines obstruées est peu connu par la médecine.

La découverte du Docteur ZAMBONI  reste une « porte intéressante à vérifier ».

Il est intéressant de noter que le système veineux peut s’adapter : dans le cas d’une veine obstruée, le sang peut emprunter d’autres veines.

Constat : les résultats des deux premières études, réalisées par le Docteur ZAMBONI n’ont pas pu reproduire les mêmes résultats.

De nouvelles études sont venues contredire celles du Docteur ZAMBONI.

Enfin, les sténoses veineuses peuvent exister dans chaque SEP mais peu en début de maladie, ce qui contredit également les études menées par le Docteur ZAMBONI.

Nouveautés

Des associations américaines et canadiennes financent 7 nouvelles études.

Les patients réclament une étude clinique de grande envergure, avant d’écarter la théorie du Docteur ZAMBONI.

L’association canadienne de la SEP a donné 1 million (de dollars canadiens ?).

Les nouvelles études à venir devront faire preuve d’une grande rigueur.

La prudence est recommandée par les autorités médicales, en raison du risque de décès post opératoire, après pause du stent.