Mayday, Mayday ! J'ai la SEP progressive …

Mayday! »

Qui n’a jamais entendu ce signal de détresse ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce mot est d’origine française.

Il s’agit d’une déformation du verbe « aider ». Dans les années 20, un pilote français qui se trouvait en difficulté aurait ainsi crié dans sa radio : « venez m’aider ! ». L’opérateur britannique qui intercepta cet appel au secours crut entendre « mayday ».

L’expression « Mayday » a été officiellement adoptée durant la « International Radio Telegraph Convention » en 1927. Ce code est depuis utilisé dans le monde entier dans les domaines de l’aviation et de la marine en particulier, mais aussi chez les forces de l’ordre ou les pompiers

MedDay

« MedDay » est une startup.

J’ai trouvé original d’introduire ce sujet par une comparaison entre le signal de détresse « Maytday » et le nom de la startup qui va peut-être permettre aux SEPiens bien démunis face à la SEP progressive de nous aider à aller mieux niveau santé 🙂

Elle a validé un essai de phase III pour son médicament MD1003, testé auprès de patients atteints de sclérose en plaques progressive.

Fréderic Sedel, le cofondateur de MedDay, nous explique en quoi cela représente une première.

Les résultats de l’étude ont été annoncés le 24 avril 2015 au congrès annuel de l’American Academy of Neurology (AAN) à Washington.

Créée en 2011, MedDay est spécialisée dans le développement de traitements dans le domaine des maladies neuro-métaboliques.

Source : http://icm-institute.org/fr/actualite/sclerose-en-plaques-progressive-un-succes-pour-medday/

Friday, April 24, 2015

Résultats de l’étude pivot de phase III sur le MD1003

L’étude réalisée chez des patients atteints de sclérose en plaques progressive a donné des résultats positifs

Pour la première fois, un médicament permet d’obtenir à la fois une amélioration significative d’une proportion de patients atteints de SEP progressive et une diminution du taux de progression de la maladie

 

MedDay, une société biotechnologique axée sur le traitement des troubles du système nerveux, annonce aujourd’hui que les résultats de son étude clinique pivot de phase III, MS-SPI, sont positifs. L’étude a démontré l’efficacité et la sécurité d’emploi de MD1003, une biotine de qualité pharmaceutique hautement concentrée administrée à une dose quotidienne de 300 mg dans le traitement de la sclérose en plaques progressive primaire et secondaire, un domaine majeur de besoins médicaux non satisfaits.

Le critère principal est étayé par les analyses secondaires indiquant une diminution du risque de progression de la maladie. La variation moyenne du score EDSS entre M0 et M12 a diminué dans le groupe MD1003 (-0,03) par rapport à la progression observée dans le groupe placebo (+0,13, p = 0,015). Dans le bras MD1003, seuls 4 % des patients traités par le MD1003 ont montré une progression du score EDSS à 9 mois confirmée à 12 mois contre 13 % dans le groupe placebo (p = 0,07), ce qui correspond à une diminution de 67 % du risque de progression dans le bras actif au cours de la période de l’étude.

Élément important à noter : le MD1003 est bien toléré

Le professeur Ayman Tourbah, investigateur coordonnateur de l’étude, CHU de Reims, Neurologie, France, a déclaré : « Les résultats de l’essai MS-SPI, de conception particulièrement innovante et exigeante, sont très encourageants. Le fait qu’aucun patient du groupe placebo n’ait atteint le critère principal indique que l’étude avait placé très haut la barre du critère principal d’évaluation. Le taux de recrutement rapide dans cette étude multicentrique illustre bien le besoin d’un médicament bien toléré pour les patients atteints de la sclérose en plaques progressive primaire et secondaire. La proportion significative de patients présentant une amélioration à douze mois, accompagnée de la diminution du risque de progression de la maladie montrés par cette étude, suggère que le MD1003 pourrait constituer un nouveau traitement majeur pour les patients et les cliniciens dans le domaine de la SEP ».

Frederic Sedel, président de MedDay, a déclaré au sujet des résultats de l’étude : « C’est la première fois qu’un médicament est capable à la fois de ralentir le taux de progression de la maladie et d’entraîner une amélioration d’une proportion significative de patients atteints de SEP progressive. Nous attendons les résultats des autres critères secondaires et des études d’IRM qui sont susceptibles d’apporter des données complémentaires sur le mécanisme d’action. En outre, un deuxième essai de phase III contrôlé contre placebo est en cours visant à évaluer l’effet du MD1003 chez des patients atteints de SEP et présentant une perte de la vision suite à une névrite optique chronique. Les résultats de cet essai devraient être disponibles avant la fin de l’année et d’après les discussions que nous avons engagées avec les régulateurs, nous pourrions soumettre par la suite une demande d’autorisation de mise sur le marché ».

Présentation des résultats et diffusion sur Internet
Les résultats ont été présentés pour la première fois aujourd’hui par le professeur Ayman Tourbah, investigateur coordonnateur de l’étude, au cours de la séance plénière sur les essais cliniques du congrès annuel de l’American Academy of Neurology (AAN) à Washington D.C.

 

Une conférence sur internet sera organisée le mardi 28 avril à 17 h

La diffusion sur internet, y compris la présentation de l’étude par l’investigateur coordonnateur, aura lieu le mardi 28 avril à 17 heures (heure française). Pour voir la diffusion, appelez France: +33 176 700 794 Conference ID: 36018525 Dès que vous avez registré votre nom chez l’opérateur, vous pouvez joindre la diffusion sur: https://webconnect.webex.com/webconnect/onstage/g.php?MTID=e76b5ae67f77c98452bbf31b238d235f4

 

Document à télécharger : Biotine et SEP

Source : http://www.medday-pharma.com/news-and-events/medday-annonce-que-son-tude-pivot-de-phase-iii-sur-le-md1003-chez-des-patients-atteints-de-scl-rose-en-plaques-progressive-a-donn-des-r-sultats-positifs/

Comment vivez-vous "l'entre 2 poussées" de SEP ?

Aujourd’hui, je vais vous avouer une chose.

Non, en réalité, je vais vous confier 2 secrets sur ma vie avec la SEP

1er secret dévoilé : chaque nouvelle « poussée » de SEP, c’était comme un raz de marrée qui me tombait dessus

Pas seulement parce que je supportais très mal les « bolus de cortisone » et que cela me demandait d’être hospitalisée durant 5 jours, mais surtout parce que je ne savais jamais à l’avance si j »allais pouvoir récupérer complètement ou pas.

Une nouvelle poussée qui vous tombe dessus,

  • c’est la maladie qui se rappelle à vous,
  • c’est la peur de son avenir,
  • c’est le doute quand à son état de santé,
  • c’est se sentir diminué, etc.

Et puis, vient l’après poussée …

Chaque personne se remet plus ou moins vite d’une poussée. Mais pour autant la vie continue …

Alors il faut vite pouvoir reprendre le cours de ses activités habituelles, un peu comme si de rien n’était 🙂

Pourtant, nous, on sait que la vie ne sera plus jamais comme avant !

Parce que qui dit SEP rémittente, dit aussi « mais quand va me tomber dessus la prochaine poussée ?« 

Et puis, il y a la fatigue qui s’installe dans sa vie, petit à petit …

Au début, on ne sait pas que ce trouble chronique fait partie de la SEP, c’est livré avec !

Pas de chance …

Parce que la fatigue, elle, ne va pas partir à coup de « bolus ». Même si c’est vrai qu’un gramme de cortisone par jour, ça rebooste ! Bon, disons plutôt que ça empêche d’avoir sommeil la nuit, parce que ça détraque bien aussi 🙁

L’entre 2 poussées, c’est la peur de garder des séquelles. Et ça, impossible de le savoir avant la fin de la période normale de récupération (1 mois environ).

2ème secret dévoilé : je ne suis pas si mécontente d’avoir une SEP secondairement progressive

Cela va sans doute en faire crier plus d’un mais si je suis vraiment honnête avec vous, je préfère être passée en forme secondairement progressive que d’être restée en SEP rémittente, et devoir vivre une nouvelle poussée de SEP tous les 10 mois. Bien sûr que j’aurais préféré pouvoir bénéficier des nouveaux traitements qui sont destinés à la SEP rémittente et ne pas voir mon handicap s’aggraver au fil du temps.

Mais ma réalité est là : je vis mieux avec le handicap qui évolue petit à petit qu’avec l’apparition brutale d’une incapacité physique. Certes on récupère à coup de bolus, mais avec le temps de moins en moins bien .. jusqu’à ce que la forme progressive fasse partie du présent.

Il existe aussi la possibilité de vivre avec la forme rémittente durant toute sa vie ! Moi je pense que si ça avait été mon cas, je serais encore en train de me demander ce dont je souffrais !

La médecine et la recherche évolue mais de nos jours, le diagnostic de SEP peut encore être une galère !

Un neurologue a reconnu que j’avais souffert d’une forme pédiatrique de sclérose en plaques. Cette reconnaissance était pour moi très importante !

Enfin j’étais mes troubles passés étaient reconnus pour autres choses que de la spasmophilie ou de simples vertiges et manque de magnésium 🙂

En résumé

Je ne vais pas non plus vous cacher que la vie avec la SEP ce n’est pas tous les jours facile …

Je ne vais pas non plus vous mentir en disant que je n’ai pas peur de mon avenir.

Je pense que la SEP m’a été diagnostiquée trop tardivement et que j’en subis les conséquences.

Aussi étrange que cela puisse paraître, je préfère pour le moment continuer à me piquer tous les jours (Copaxone) pour éviter le risque de poussées, même si ce n’est pas le traitement des formes progressives, que de vivre avec la peur d’une nouvelle poussée ou des effets secondaires possibles d’un traitement donné hors AMM que je ne connais pas, tel que Cellcept qui m’a été conseillé par un autre neurologe ou bien tel que le Gylénia (à l’étude pour la forme primaire).

Et vous, comment vivez-vous les poussées ?

Quand la SEP nous oblige à choisir entre la peste et le choléra !

Suite à la question qui m’a été posée dans les commentaires de cette page du Blog « une question relative à la sclérose en plaques ? Exprimer-vous ici ! », j’ai pensé qu’il pouvait être grandement intéressant d’échanger autour de ces questions.

Au préalable, je vous rappelle qu’aujourd’hui nous sommes le dernier mercredi du mois de mai. Nous sommes donc le jour de la journée mondiale de la sclérose en plaques !

J’ai décidé de réserver un nom de domaine tout spécialement pour cela : http://journee-mondiale-de-la-sclerose-en-plaques.com/

Comment choisir son premier traitement de fond ?

Je souhaite vous parler de la difficulté à choisir un traitement de fond.

Généralement, après nous avoir posé le diagnostic de sclérose en plaques et parfois dans la foulée nous avoir proposé un « bolus de cortisone » (dans le cas où on est en « poussée de SEP »), le neurologue nous explique les divers traitements de fond qui existent pour traiter la sclérose en plaques de forme rémittente.

Si vous avez le malheur d’être atteint d’une forme primaire progressive de sclérose en plaques, il se peut qu’aucun traitement ne vous soit proposé ou pire (bon là c’est moi qui dit que c’est pire !) un traitement hors AMM aux multiples risques et effets secondaires (et parfois sans réelle efficacité prouvée).

Revenons-en au choix de son tout premier traitement de fond.

Lorsque j’ai reçu le diagnostic de SEP, il existait 2 types de traitements de « première intention » (entendez : pour les nouveaux diagnostiqués dont la maladie n’est pas trop sévère, car pour les autres, le neurologue tape direct dans les traitements immuno suppresseurs !) :

  • les interférons
  • l’acétate de glatiramère (« Copaxone » du laboratoire TEVA)

Prenant en compte le risque de dépression (j’ai connu la dépression et la phobie sociale de 1995 à 2000, suite à une poussée de troubles cognitifs traitée à coup d’anti dépresseur), j’ai tout de suite opté pour la Copaxone.

Ceci quand on m’en a laissée le choix, car le premier neurologue me prescrivait d’office, le même jour du diagnostic :

  • 3 jours de cortisone (le matin à la clinique en 2 heures)
  • un traitement interféron

Comment se décider ?

Si le neurologue vous a laissé un temps de réflexion c’est que c’est un bon docteur 🙂

Si vous venez d’apprendre que vous êtes atteint de sclérose en plaques, ce n’est pas le moment de vous faire réfléchir à un traitement de fond, d’autant que les premiers traitements proposés sont souvent à prendre par injections ..

De quoi donner une sale image de ce qui vous attend 🙁

Pour ma part, j’ai pris 3 ans avant de me décider pour la Copaxone.

Mes pensées de l’époque

Je me souviens encore très bien de ce que je ressentais à l’époque.

Voici ce que je me disais dans ma tête :

  • se piquer tous les jours pour seulement 30% de poussées en moins ?
  • y a urgence à me traiter ? Mais ça fait des années que les « Doc » me disent que c’est dans la tête, et maintenant y aurait urgence ? On se fout de moi !
  • ça fait depuis si longtemps que je vis avec la maladie, sans le savoir que je dois me calmer : y a pas de raison que les choses changent .. je la connais déjà la maladie
  • si je tente la Copaxone, que risque-t-il de m’arriver ? Vais-je avoir un malaise, tel une oppression thoracique ? Vais-je savoir me faire l’injection toute seule ? Quelle infirmière faire venir à mon domicile et pendant combien de temps ?
  • Vais-je réussir à me piquer toute seule ? Cet auto-injecteur ça marche comment ? C’est quoi cette nana dans leur DVD ? On la dirait tout droit sortie d’une série américaine à l’eau de rose, du style « je me prépare mon café et pendant que l’eau coule je me fais la piqure .. c’est tout simple ! » Le labo pense vraiment que je vais prendre plaisir à me faire l’injection chaque matin comme cette nana ? Oh que ça m’énerve !!! Suis-je vraiment obligée de me faire ces « pik » ? Ils ne pourraient pas nous trouver des traitements plus faciles à prendre, depuis le temps que cette maladie a été découverte !

 

Et puis un jour j’ai arrêté de me poser des questions …

Quand j’ai constaté que la maladie évoluait au fil des poussées !!

D’autant que le neurologue a eu les mots qu’il me fallait entendre  « Si la copaxone ne vous réussit pas, si vous êtes allergique, on vous donnera autre chose bien sûr !« 

Ajouté au fait que j’ai croisé une jeune femme qui était sous copaxone depuis 4 ans et 0 poussées !

OK, j’étais convaincue : on y va pour la Copaxone !

 

Mes débuts avec la Copaxone

Alors, je ne vais pas vous mentir : les débuts ont été difficiles .. voire douloureux (un peu).

Jusqu’au jour où j’ai pris l’habitude …

Cela fait 4 ans depuis  le 10 mai 2014.

Et la bonne nouvelle : 0 poussée depuis !

 

La moins bonne : j’ai maintenant une SEP 2dairement progressive

 

Je vais vous avouer une chose : bien qu’il m’a été conseillé par un professeur en neurologie d’arrêter (ce que j’ai fait pendant 5 semaines), j’ai repris les pik quotidiennes, afin de réduire le risque d’une nouvelle poussée qui existe malgré le fait que je sois passée en forme progressive secondaire.

Le traitement m’a été prescrit par un autre neurologue qui a pris en compte mon refus de suivre un traitement immuno suppresseur.

C’est mon choix actuel, je ne dis pas que je ne changerais pas d’avis

Conclusion

Choisir un traitement de fond contre la SEP est un choix personnel. Ce choix ne peut se faire que si on a toutes les informations nécessaires concernant les traitements possibles : effets positifs et effets secondaires. Il ne faut pas hésiter à questionner son neurologue.

Enfin sachez que votre choix d’aujourd’hui n’est pas immuable, vous pouvez toujours changer d’avis.

Surtout, parlez à vos médecins : neurologue et généraliste, mais aussi votre infirmière si vous en avez une.

Les professionnels de santé sont là pour nous aider .. dans la vie au quotidien avec la maladie.

En cas de difficultés ne gardez pas l’info pour vous, parlez-en !

Bon courage !

Chrystèle

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